Blog cinéma d'utilité publique

Blog cinéma d'utilité publique
Obligatoire de 7 à 77 ans

jeudi 25 août 2016

PIRANHA 3DD (2012)

Réalisateur John Gulager.
Scénario : Patrick Melton, Marcus Dunstan, Joel Soisson.
Directeur de la photographie : Alexandre Lehmann.
Musique : Elia Cmiral.
Avec Danielle Panabaker, Matt Bush, David Koechner, Chris Zylka, Katrina Bowden, Gary Busey, Christopher Lloyd, David Hasselhoff, ...
Etats-Unis - Couleur - 83 minutes.


Y avait pas de photos moins moches. Et puis, ça résume bien le machin.


Poisson pas frais.


Gore et festif, le Piranha 3D d'Alexandre Aja méritait sans doute une suite. Mais pas celle-là. Fauchée comme les blés (certains effets numériques sont inachevés et l'on a réutilisé des faux cadavres du film précédent ... sans prendre la peine de les couvrir de faux sang !), mal écrite, mal jouée, mal réalisée et mal montée, cette séquelle commise par les (ir)responsables de la franchise Feast (ne perdez pas votre temps) tente bien maladroitement de dupliquer le cocktail cul et hémoglobine du film d'Aja sans jamais y parvenir ne serait-ce qu'une seule seconde. De ce navet sans saveur, les amateurs de caméos foireux pourront toujours sauver la "prestation" autre d'un David Hasselhoff dont on se demande s'il est bien conscient qu'on le ridiculise en continu.  

Alan Wilson.

ZOMBEAVERS (2014)

Réalisateur : Jordan Rubin.
Scénario : Al Kaplan, Jordan Rubin, Jon Kaplan.
Directeur de la photographie : Jonathan Hall.
Musique : Al Kaplan, Jon Kaplan.
Avec Rachel Melvin, Cortney Palm, Lexi Atkins, Hutch Dano, Jake Weary, ...
Etats-Unis - Couleur - 85 minutes.

Les dents du lac rôdent !

Le complexe du castor.

Avec son concept de départ bien débile (une attaque de castors zombies mutants donc), Zombeavers aurait facilement pu suivre la recette des infâmes productions Asylum - si la franchise Sharknado ne vous dit rien, allez donc faire un tour sur Youtube, c'est édifiant de crétinerie opportuniste - à savoir un humour bas du front, des clins d'œil à la culture pop pour se la pêter, des effets digitaux faisandés, un peu de gore, un peu de nudité et beaucoup de cynisme nauséabond.
Surprise ! Si le premier long de l'inconnu Jordan Rubin est effectivement une série Z bien grasse, il a l'immense mérite de faire preuve d'une certaine rigueur, tant scénaristique que formelle (photo correcte, montage soigné), et de ne jamais chercher à se montrer plus intelligent que le public visé. Fonctionnant sur une dynamique similaire au Piranha de Joe Dante (avec une grosse louche d'Evil Dead aussi), Zombeavers prend le temps d'introduire ses personnages (trois bécasses, trois neuneus et une poignée de seconds rôles pittoresques) avant d'entamer le jeu de massacre. Un jeu de massacre d'ailleurs plutôt drôle et saignant et qui sait très bien capitaliser sur les particularités de ses rongeurs enragés. Armés de leurs redoutables quenottes, ces boules de poils en putréfaction attaquent sur terre comme dans l'eau, coupent des arbres pour barrer la route de la victime ou pour les leur balancer sur le coin de la gueule, sectionnent les lignes de téléphone comme les pénis imprudents (aïe !) et transforment leurs victimes en ... zombies mi-humains/mi-castors géants (si si !). Cerise sur le gâteau, la production a eu le bon goût de faire la part belle aux effets à l'ancienne plutôt qu'aux CGI foireux, l'amateur de gore nostalgique ayant ainsi droit à sa dose de latex, d'animatronique et de faux sang.
Comme dirait l'ours Baloo, "il en faut peu pour être heureux" !

Alan Wilson       

dimanche 21 août 2016

FREQUENCE INTERDITE (2000)

Titre Original : Frequency.
Réalisation : Gregory Hoblit.
Scénario : Toby Emmerich.
Directeur de la photographie : Alar Kivilo.
Musique : Michael Kamen.
Avec Dennis Quaid, Jim Caviezel, Andre Braugher, Elizabeth Mitchell, Shawn Doyle, Noah Emmerich, ...
Etats-Unis - Couleur - 118 minutes.





Dennis Quaid voyage dans le temps. Avec une radio vintage. En toute simplicité.









Monsieur Papa.

Voir FREQUENCE INTERDITE, c'est un petit peu comme assister à un double-programme. Très proche, dans le ton et dans l'esprit, de Quelque Part Dans le Temps, Jusqu'au Bout du Rêve et La Quatrième Dimension (la série tv, pas le film à sketches), la première moitié du film de Gregory Hoblit (Peur Primale, Le Témoin du Mal) est une franche réussite. Si l'on passe outre une scène d'ouverture carrément limite en terme de découpage et d'effets spéciaux, cette histoire d'un fils et de son père conversant par le biais d'un bon vieux poste radio alors que 30 ans les séparent (une anomalie temporelle rendue possible par une aurore boréale) évoque John Ford et Frank Capra. On parle base-ball, valeurs familiales et fierté professionnelle dans un quartier de New-York où pompiers et policiers vivent en se serrant les coudes. Le tout au son de la très belle musique de Michael Kamen dont les accords nostalgiques font systématiquement mouche. Ce drame intimiste fonctionne d'autant mieux que l'alchimie entre Dennis Quaid (le père) et Jim Caviezel (le fils), pourtant séparés à l'écran, est indiscutable.
Puis, conséquence directe d'une très belle scène de sauvetage à travers le temps, l'histoire bifurque habilement vers le polar pur et dur, la traque d'un serial-killer qui pourrait bien ajouter la mère du héros à son tableau de chasse. Et le réalisateur d'abdiquer dès lors. Interrogatoires, relevés d'empreintes, suspects trop évidents et filatures, rien d'autre sinon la routine pour un cinéaste spécialisé dans la fiction policière depuis ses débuts sur les séries Hill Street Blues et NYPD Blue et sans doute lassé de devoir s'y laisser enfermer une fois de trop. L'enquête progresse donc mécaniquement et l'intérêt se fait peu à peu la malle jusqu'à un double climax bien bis, pour ne pas dire ridicule. Au terme de cette seconde moitié pas nécessairement honteuse mais pas glorieuse non plus, l'épilogue tente avec sincérité de renouer avec l'émotion mais sans y parvenir pleinement. Dommage, même si une impression générale très positive demeure.

Alan Wilson  

vendredi 19 août 2016

BRAVEHEART (1995)

Réalisateur : Mel Gibson
Scénario : Randall Wallace.
Directeur de la photographie : John Toll.
Musique : James Horner.
Avec Mel Gibson, Sophie Marceau, Brendan Gleeson, Patrick McGoohan, Angus McFayden, Catherine McCormack, James Cosmo, David O'Hara, ...


Etats-Unis - Couleur - 178 minutes.


Les Ecossais ont toujours eu le sens de l'accueil. Chaleureux et rustique.
En totale liberté.


Comme le temps passe vite. En 1995, Mel Gibson était une star internationale respectée, adulée et incontournable. Il était le beau gosse à qui tout réussissait et qui ne se moquait jamais de son public. Comme Kevin Costner, il a été l'un de ces rares acteurs des années 80/90 dont le passage à la mise en scène n'avait rien du caprice mais tout de la profession de foi.
Aujourd'hui, après une série de déconvenues au box-office, des rôles de plus en plus rares et une traversée du désert médiatique, il s'apprête à assurer la promotion de son dernier film, Hacksaw Ridge (présenté le 4 septembre prochain à Venise), et seule une poignée de cinéphiles fidèles (et éclairés) semblent réellement s'en soucier. Pendant ce temps, Disney et ses filiales règnent sur la planète cinéma, l'inondant de "produits" interchangeables, clinquants mais vides. On parle remakes, reboots, prequels, spin-offs. Et on finit par oublier de parler cinéma. Il suffit pourtant de revoir ne serait-ce que dix minutes de Braveheart pour comprendre que la sortie prochaine d'Hacksaw Ridge est l'un des évènements majeurs de l'année. Pour comprendre que le retour de Mel Gibson derrière une caméra, c'est la preuve que le Septième Art, de nos jours,  peut offrir autre chose que des recettes sans saveur pondues par des experts en marketing ayant fait du nivellement par le bas leur fond de commerce. Triste époque que la nôtre, parole de vieux con et fier de l'être.
Revenons donc en 1995. Second long-métrage de "Mad" Mel, Braveheart prend (presque) tout le monde par surprise. Il faut dire qu'entre le drame intimiste (L'Homme Sans Visage, sorti deux ans plus tôt) et la fresque épique et sauvage, c'est le grand écart. Du moins en apparence. Car un capitaine d'exception, qu'il soit à la barre d'un frêle esquif ou d'un paquebot XXL, reste un capitaine d'exception. D'un film à l'autre, Gibson ne change donc pas son approche d'un iota. Une approche frontale et passionnée où la mise en scène s'emploie à faire vivre le scénario, à lui donner une réalité physique, et où la recherche des émotions les plus pures domine le moindre mouvement de caméra, le moindre choix de montage. Avec des moyens d'aujourd'hui, Mel Gibson pratique un cinéma à l'ancienne, sans cynisme, sans double discours.
Une histoire d'amitié est une histoire d'amitié.
Une histoire d'amour est une histoire d'amour.
Et la quête de liberté d'un homme et de ses compatriotes est une quête de liberté.
Rien d'autre.
Chaque fois que l'occasion lui en donnée, Mel Gibson rejette tout sous-entendus. Lorsque l'on tente de corrompre le rebelle écossais William Wallace (joué par Gibson donc), il refuse catégoriquement et réclame à nouveau la liberté. Et peu importe sa liaison avec la princesse française que joue Sophie Marceau, c'est l'esprit et le souvenir de Murron (sublime Catherine McCormack), son premier et grand amour, qui l'accompagne au moment du trépas. La liberté, soit l'absence de compromission par excellence, et la sincérité guident à la fois Mel Gibson, le cinéaste, mais aussi son alter-ego à l'écran.
Du scénario très solide de Randall Wallace (en dépit d'une accumulation non négligeable de libertés prises avec l'Histoire - mais on dira que l'essentiel est ailleurs), Mel Gibson tire donc un poème médiévale brutal et romantique, d'une violence alors inédite dans ses scènes de batailles (fortement inspirées par les techniques de découpage du George Miller de Mad Max 1 & 2), porté par un casting sans fausse note (l'incroyable vilénie de Patrick McGoohan bien sûr, salopard d'anthologie, mais aussi les trognes, le talent et le charisme de Brendan Gleeson, David O'Hara et James Cosmo) et dont l'épilogue, habité par le score celtique de James Horner, déploie une exaltation guerrière à ce jour inégalée. L'émotion. Toujours l'émotion. Et la liberté de ne pas avoir peur de la pousser aussi loin que nécessaire.     

Alan Wilson 
    

    
  












DEBOUT LES MORTS !



Bon, je ne vais pas m'étendre plus que ça. Au rayon des conneries que j'ai pu commettre, il en est une qui viens de me revenir en pleine gueule. Il y a plus d'un an, j'abandonnais Sur un coin de table, un blog dont je commençais à être fier. Par manque de temps, un peu. Par fainéantise, beaucoup. De quoi s'en vouloir, non ? J'ai accumulé bon nombre de projets d'écritures et je n'en ai mené presque aucun à son terme. Parce que je suis trop dur avec moi-même. Fini l'auto-flagellation. Place au plaisir. 
J'ai donc décidé de ressusciter le blog séance tenante. Une à deux critiques de films par semaine. Pour ne pas s'arrêter d'écrire. Et si je ne fais rien d'autre, tant pis.

Bonne lecture !

    





lundi 20 juillet 2015

TERMINATOR GENISYS (2015)

Réalisateur : Alan Taylor.
Scénario : Laeta Kalogridis et Patrick Lussier, d'après des personnages créés par James Cameron et Gale Ann Hurd.
Directeur de la photographie : Kramer Morgenthau.
Musique : Lorne Balfe.
Avec Emilia Clarke, Jai Courtney, Jason Clarke, Arnold Schwarzenegger, J.K. Simmons, ...
Etats-Unis - Couleur - 126 minutes.


Arnold Schwarzenegger. Trop vieux pour ces conneries ?


La cinquième roue du carrosse.

Comment diable en sommes-nous arrivés là ? Tout avait pourtant fort bien commencé. Deux classiques indiscutables de la science-fiction hardcore (signés James Cameron, who else ?) suivis de deux séquelles inutiles mais honorables (avec une nette préférence de l'auteur de ces lignes pour l'apocalyptique TERMINATOR SALVATION de McG), sans oublier une série TV plutôt réussie et courte d'à peine deux saisons. Jusqu'à présent, les aventures temporelles et pétaradantes du T-800, de Sarah Connor et de son fils John,de Kyle Reese et consorts, c'était quand même de la balle, comme disent les d'jeuns. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et le nanar d'Alan Taylor est là pour nous le rappeler. 
Lancé à coup de bandes-annonces inquétantes de nullité et vendu par James Cameron himself comme le "vrai TERMINATOR 3 (...) une renaissance" dans une interview promo aussi crédible qu'un discours politique une veille d'élection, TERMINATOR GENISYS s'annonçait comme un sacré désastre, le viol sans vaseline d'une franchise bien aimée. Inutile de vous préciser donc que j'avais prévu les mouchoirs. Plusieurs paquets de mouchoirs même (plus que pour le visionnage d'un porno, c'est dire).
Après visionnage de la "chose", je n'ai aucune larme à sécher et je me dis que ça aurait pu être pire. Attention, c'est pas reluisant non plus. Ne rêvons pas. Si TERMINATOR GENISYS évite le zéro pointé de justesse, c'est essentiellement grâce à un univers qui, même traité avec une bêtise crasse, parvient à captiver durant une première demi-heure énergique. C'est moche mais, avec son avalanche de péripéties qui revisitent les premiers films, ça a le mérite d'être distrayant. Et il y a Arnold. Arnold qui semble véritablement être le seul à y croire et à vouloir en donner aux fans pour leur argent. Contre toute attente, il est parvenu à rendre son personnage de cyborg vieillissant (mais pas obsolète) et bienveillant crédible. Sur le papier, c'était casse-gueule et ridicule (un terminator aux cheveux blancs affectueusement surnommé Papy, euh, vraiment ?). Mais Arnie s'en tire vraiment bien. Un pur miracle. 
Le reste est tout simplement honteux. Le scénario, mal écrit et mal ficelé, ne tient jamais debout. La mise en scène d'Alan Taylor, paresseuse et hideuse, vient confirmer après un THOR - THE DARK WORLD déjà de sinistre mémoire que le bonhomme ferait mieux de retourner au petit écran le plus vite possible. Quant à Jai Courtney, succédant à Michael Biehn et Anton Yelchin dans le rôle de Kyle Reese, il est tellement mauvais qu'on accepterait volontiers une lobotomie histoire d'oublier son existence. 
Si vous ne savez pas comment occuper un samedi soir pluvieux, que vous êtes déjà perdu dans les brumes reposante d'un nuage de cannabis de qualité premium, que vous avez un bon pack de bières bien fraîches et que le livreur de pizza vient de sonner à votre porte avec une napolitaine supplément fromage, alors TERMINATOR GENYSIS devrait faire l'affaire. En fait, non, commandez le dvd de BLUES BROTHERS. C'est bien les BLUES BROTHERS. Revoyez plutôt ça.

Alan Wilson.      

dimanche 12 juillet 2015

MAN OF STEEL (2013)

Réalisateur : Zack Snyder.
Scénario : David S. Goyer, d'après une histoire de David S. Goyer et Christopher Nolan.
Directeur de la photographie : Amir Mokri.
Musique : Hans Zimmer.
Avec Henry Cavill, Diane Lane, Amy Adams, Kevin Costner, Russell Crowe, Michael Shannon, Laurence Fishburne, Christopher Meloni, ...
Etats-Unis - Couleur - 143 minutes.




(Demi) Dieu ?

Et si la nouvelle bande-annonce, dévoilée il y a peu au Comic Con de San Diego, de BATMAN V SUPERMAN - DAWN OF JUSTICE, rencontre pétaradante et tant attendue entre le croisé à la cape de Gotham City et le dernier fils de Krypton, nous offrait l'occasion rêvée de revenir un instant sur MAN OF STEEL, le précédent effort de Zack Snyder ? Histoire de s'offrir un nouvel avis, à tête reposée, sur un film qui a conquis le box-office mais qui a aussi beaucoup divisé, tant la critique que le public.
Engager David S. Goyer et Christopher Nolan aux côtés de Zack Snyder était pour Warner et DC Comics la garantie de conserver le ton sombre et réaliste d'une trilogie Batman qui aura rapporté des milliards de dollars. Une caution bien plus rassurante que les derniers films (WATCHMEN et SUCKER PUNCH) - boudés par le public - de Zack Snyder, supposément réduit à une tâche d’exécutant. Ironie du sort, les plus gros défauts de ce MAN OF STEEL sont largement imputables aux duettistes de THE DARK KNIGHT tandis que ses (immenses) qualités sont le témoin de l'incroyable vitalité d'un Zack Snyder en pleine possession de ses moyens. Comme le classique de Richard Donner de 1978, MAN OF STEEL s'ouvre sur les derniers jours de Krypton, une planète opulente mais condamnée où les idéologies de Jor-El et du général Zod s'affrontent. Ce premier quart d'heure offre un spectacle d'une ampleur titanesque où science-fiction et fantasy se mêlent avec la même virtuosité que dans AVATAR. Quinze minutes seulement et Snyder prouve qu'il est l'égal d'un James Cameron. C'est après que les choses se gâtent (un peu). Alors que la capsule du nourisson Kal-El, rescapé de l'apocalypse de Krypton est sur le point de s'écraser dans les champs de Smallville, à quelques encablures de la ferme Kent, une coupe brutale nous projette une bonne trentaine d'années plus tard alors que Kal-El/Clark Kent parcourt le monde, broyant du noir et sauvant des gens dans un total anonymat. Maladroite, l'ellipse amorce une narration totalement inadaptée, opérant de nombreux va et vient entre le présent et la jeunesse du super-héros jusqu'à la moitié du deuxième acte. Sans trop se fouler, Goyer applique à MAN OF STEEL la méthode employée dans BATMAN BEGINS. Mais la greffe ne prend pas. Si une narration éclatée convient parfaitement à l'esprit tourmentée d'un Bruce Wayne hésitant sans arrête entre vengeance et justice, il n'en va pas forcément de même pour Superman. Il est donc difficile, dans un premier temps, de s'attacher à un héros dont le dilemme principal (s'intégrer dans la société humaine, pas à pas) perd toute cohésion. Surtout lorsque les flash-backs en question, montés à toute vitesse, ne s'offre aucune respiration et en vienne à sacrifier quelque peu le personnage essentiel de Jonathan Kent, père adoptif de Kal-El et mentor. Si l'interprétation impeccable de Kevin Costner sauve les meubles, produisant in extremis l'émotion nécessaire, les regrets sont tout de même de mise. Narration et montage. Deux gros points noirs qu'un cut alternatif, plus aéré, moins elliptique et linéaire suffirait pourtant à gommer. 
Mais, si l'on fait fi de ces défauts et que l'on s'adonne à un ou deux visionnages supplémentaires, alors le métrage de Snyder dévoile de véritables trésors de cinéma. Abandonnant les ralentis hypnotiques et iconiques de ses précédents films, Snyder filme le plus souvent l'action caméra à l'épaule avec une maîtrise du procédé qui n'a rien à envier à un William Friedkin ou un John McTiernan. Le tout avec la même science du cadre démontrée dans 300 ou WATCHMEN. Lisibles et ultra-dynamiques, les nombreux morceaux de bravoure de MAN OF STEEL sollicitent tous les sens du spectateur, à des années lumières des cinématiques désincarnées (et désormais lassantes) des productions Marvel. Bien que très critiqué pour ses destructions massives à répétition, le climax se montre exemplaire à tous les niveaux en combinant action et émotion, jusqu'à culminer dans un meurtre de sang-froid déchirant et culotté dans le contexte d'une telle production mais aussi totalement justifié (comment faire ressentir le profond dégoût de ce super-héros pour le meurtre sans qu'il s'y confronte lui-même ?). 
En plus de briller dans sa mise en image, Snyder continue également de démontrer ses aptitudes de directeur d'acteurs en obtenant de son casting des prestations impeccables. Si Henry Cavill et Amy Adams redonnent un nouveau souffle au couple Superman/Lois Lane malgré un montage qui, encore une fois, étouffe un peu leurs scènes communes, ce sont essentiellement Michael Shannon et Christopher Meloni qui se taillent la part du lion et marquent les esprits. Le premier balaie totalement le Zod mégalo et condescendant de Terence Stamp pour offrir une partition plus riche, incandescente, à vif (son "I WILL FIND HIM" vindicatif répété chaque fois plus fort au visage de la mère de Superman est mémorable). Le second, dans un rôle de militaire teigneux à priori générique, révèle un charisme en acier trempé encore trop peu exploité sur grand écran. Sa querelle avec la kryptonienne Faora est l'une des sous-intrigues les plus réussies de ce MAN OF STEEL.
MAN OF STEEL est bien plus qu'un film de super-héros lambda, un blockbuster de plus. Si Goyer et Nolan apparaissent comme des boulets aux pieds de Zack Snyder, ce dernier fait bien plus que de servir la soupe à un genre super-héroïque bientôt à saturation. Il fait son cinéma à lui et n'hésite pas à bousculer les codes du genre en risquant de se mettre les geeks et autres gardiens du temple à dos. C'est SON Superman et il nous en offre SA vision, pas (totalement) le produit d'une réunion marketing. L'effort est plus qu'à saluer. Il est à chérir.

Alan Wilson.